Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

dimanche 10 décembre 2017

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

pour accéder au contenu complet des articles présentés en résumé il suffit de cliquer sur le titre de l'article ou le lien Plus d'infos » 
Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

samedi 9 décembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°197 en partance chez ?? ... Fanfan

Cette fois-ci je vais éviter de faire des hypothèses. Fanfan ? Dimdamdom ?
Fanfan a fait ici ce commentaire :
"Coucou Jeanne c'est moi qui m'y colle lundi , c'est mon tour !
Bon week end" qu'on se le dise !

et ensuite y aura-t-il une trêve pour les fêtes ? 
Il sera bien temps lundi de découvrir le Défi n°197 des CROQUEURS DE MOTS 
sur le blog de son capitaine d'étape fanfan.

En attendant lundi,

pour la recherche  pour "réparer les vivants" atteints de maladies rares
 et les accompagner


vendredi 8 décembre 2017

La terre est arbre

Pour la page 94 de  l'Herbier de poésies   sur une proposition et une image de Jamadrou.

"Les mots ne mentent pas"
"la terre est bleue" dit Eluard
Que disent les images ?

Le dessin ne ment pas
l'arbre a la couleur du monde
en cercle imparfait

Racines
et branches nues
Arbre et terre en symbiose
se nourrissent les uns des autres
des feuilles mortelles et de l'humus.
Et coule l'eau, souffle le vent, tourne,
tourne la terre en éphémère équilibre.
Tout au bout de la chaîne du vivant
le bras humain du bûcheron hésite,
retient de sa main le manche
de la cognée d'acier blanc
de nos destins.

©Jeanne Fadosi, mercredi 6 décembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 94 de L'Herbier

©Jamadrou

bûcheron dans la neige, Maria Balan, 1977

Spontanément la chanson de Brassens qui me vient en tête en illustration sonore, ma chanson d'enfance, c'est Auprès de mon arbre...
Mais c'est celle-ci que j'ai envie de partager aujourd'hui en pensant à d'autres chansons d'enfance en clin d’œil à Johnny Hallyday pour la dernière strophe :

Brassens, Au bois d'mon coeur, 1957
paroles en commentaire de la vidéo (suivre le lien)

jeudi 7 décembre 2017

Enfants délurées, au Grand Bal du Printemps de Jacques Prévert

Colette est à la barre du défi n°196 des CROQUEURS DE MOTS et sa feuille de route se résume en deux mots qui englobent toute la vie : Nuit et Jour. Jeudi dernier, je vous ai promis de prolonger à nouveau dans son versant JOUR mon billet du printemps dernier Danse des Sabres. J'avais déjà choisi pour l'occasion ce poème de Prévert que j'ai publié pour le 8 mars 2017, Journée internationale des femmes (au pluriel)
En relisant le poème affiché parmi les billets de mon blog contenant le mot JOUR, je m'aperçois que le mot n'y est pas lui-même. Mais il y est dans les autres mots ; dimanche, quartier désert, magasins fermés, ciel gris souris, jardins vaguement verts.
J'ai choisi ce poème parce que je le ressens aujourd'hui comme il y a quelques mois (hier) où je le présentais ainsi :
Celui-ci associe les rues de Paris avec ses hauts et ses bas quartiers de l'époque de Prévert qui est aussi mon souvenir et les femmes, "délurées" au sens premier et noble du terme, célébrées par le poète, tout au long de l'année et non un seul jour
Dans ce poème de Jacques Prévert, j'ai le pressentiment que cette jeune fille en noir et blanc sur le cliché d'Izis**, Prévert lui accorde le joyeux éveil, la délure de la modernité, sans débauche.


Enfants de la haute ville
filles des bas quartiers
le dimanche vous promène dans la rue de la Paix
Le quartier est désert
les magasins fermés
Mais sous le ciel gris souris
la ville est un peu verte derrière les grilles des Tuileries
Et vous dansez sans le savoir
Vous dansez en marchant sur les trottoirs cirés
Et vous lancez la mode
sans même vous en douter
Un manteau de fou rire
sur vos robes imprimées
Et vos robes imprimées sur le velours potelé
de vos corps amoureux
Tout nouveaux tout dorés
Folles enfants de la haute ville
ravissantes filles des bas quartiers
modèles impossibles à copier
Cover girls
colored girls
De la Goutte d'Or ou de Belleville
De Grenelle ou de bagnolet.
©Jacques Prévert,
Jacques Prévert et Izis, Grand bal du printemps***, 1951, 
Le cherche-midi 2008, page 134

Jacques Prévert, 1900 - 1977, poète et parolier, cinéaste, artiste français

** "déluré" quand j'avais pris connaissance du mot clé des jeudis en poésie du défi n°60 des CROQUEURS DE MOTS, piloté par Julien, m'est apparu le caractère particulièrement ambigu de cet adjectif, à la fois complimentant des qualités d'éveil et de vivacité d'esprit et désapprouvant l'audace et l'esprit de fronde ou d'indignation. Il est évident que la curiosité d'esprit ne fait pas bon ménage avec l'obéissance servile. Et pourtant, quoi de plus important pour la liberté de l'homme dans le respect de tous les autres, que de ne pas se laisser tromper.

Déluré, apparu au XVIIème siècle comme une variante du participe passé déleurré du verbe déleurrer = détromper


** p135 en regard du poème.
Le livre est né d'un proposition d'Izis à Prévert et à d'autres auteurs de mettre des textes sur ses photos.
Prévert a refusé. Mais pour une autre proposition bien plus intéressante : faire un livre à deux, où mots et photos s'associent en une puissante alchimie.

*** Mon avis : Grand bal du printemps est en fait un long poème d'une profonde unité, ... et d'une cruelle modernité.
J'ai trouvé avec un grand plaisir chez un libraire cette réédition d'un de ces livres qui ont enchanté mon enfance.






Je choisis ce poème qui fait écho dans une autre ville Erevan (Arménie), dans une autre époque actuelle, dans une actualité où des femmes osent parler. Pas partout et peut-être pas dans ce pays-là. Où des hommes, uniquement des hommes et heureusement pas tous, questionnent : "Mais comment fera-t-on la différence entre une attitude acceptable ou non ?" Curieusement, il n'y a guère ou pas du tout de femmes qui se posent la question. Parce que le poème de Prévert, respectueux et admiratif, est une bien belle réponse à cette question imbécile et que le clip vidéo, qui entretient je suppose volontairement l’ambiguïté d'une mise en scène ou non dès le début, est lui aussi éloquent.

mercredi 6 décembre 2017

Myosotis, de Saint Maurice les Brousses

Amis et fidèles élèves de JB et de sa cour de récré, cette semaine je vous emmène à Saint Maurice. Non pas celui de la couronne parisienne, entre Bois de Vincennes et Guinguettes fleuries sur la Marne mais celui de la Haute Vienne. Où ça ? Comment, vous ne connaissez pas ? Rôôô !!!!!!!!!!!!

C'était vendredi de la semaine dernière,
un premier décembre qui la rendait très fière.
Qui donc ? Myosotis, revenant de Limoges*,
Aussi ravie qu'à Venise au Palais des Doges !
C'est vrai qu'elle ne quitte guère sa cambrousse
Et ses ateliers de Saint Maurice les Brousses.

Ses ailleules de mère en fille dessinaient
des fleurs de lin sur porcelaine qu'elles paignaient :
Des fleurs de porcelaine pour des nappes de lin.
"Caroline" de mère en fille comme Kaolin,
Dans la famille c'était une tradition
Que nul n'aurait songé à remettre en question.
Intriguée de ne pas s'appeler Caroline
Sa mémé lui en a raconté l'origine.

Quand Bourvil reprit une très vieille chanson
Pour sa fille à la récré ce n'était pas la même chanson !
Les fleurs de lin n'étaient plus du tout à la mode,
Caroline un prénom-sobriquet bien commode.
Adouci il est vrai plus tard, sur le Rocher
de Monaco il devint un prénom princier.

Pour le baptême de la princesse bien née,
On créa un service au décor surrané
aux fleurs si délicates de myosotis
sorti des premiers Ateliers de Saint Maurice.
La fille de mémé attendait un bébé.
Pas question de Caroline la prénommer.
Voilà d'où vient son prénom de Myosotis
Pour services de lin, de coton, de métis,
Et même avec soin pour un déjeuner sur l'herbe
Luxe, nappe à carreaux, gourmandises superbes.

Bon d'accord, j'ai brodé, si les myosotis sont l'un des premiers motifs de la porcelaine de Limoges créée après la découverte de kaolin dans la région de Limoges au XVIIe siècle, je n'ai aucune idée de l'atelier qui en est à l'origine et si c'est une affaire possible, j'ai évidemment inventé aussi la commande d'un service pour le baptême de la princesse. Et si une porcelainière s'appelait Myosotis ou Caroline, ce ne serait que coïncidence.


* Après le siège de Liffol (Vosges) en décembre 2015 et le granit de Bretagne en janvier 2017, la porcelaine de Limoges est le troisième produit manufacturé à bénéficier de l'Indication Géographique Protégée (IGP)

Saint Maurice les Brousses, département de la Haute Vienne (87, préfecture Limoges), Région Nouvelle Aquitaine, anciennes provinces du Limousin (Vicomté de Limoges) et du Comté de la Marche

La porcelaine de Limoges, privilège royal de 1769, a été possible grâce à la découverte de kaolin près de Limoges, une argile blanche d'une grande pureté qui permet à la porcelaine de Limoges d'être une céramique à la fois dure et translucide. Elle est inscrite en 2008 à l'inventaire du patrimoine culturel en France mais l'Etat en a retiré la candidature auprès de l'UNESCO.

L'art et la méthode de la porcelaine chinoise, connue par les Italiens depuis le XVIe siècle, a été introduit en France au XVIIe siècle grâce à un jésuite né à Limoges missionnaire en Chine impériale.

cambrousse, coin de campagne retiré

Emma Eleonora Meyer, Femmes décorant la porcelaine, avant 1921,
 domaine public





Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 4 décembre 2017

Défi n°196 Nuit et Jour au grand miroir de la nature

Colette à la barre de notre rafiot pour le défi n°196 murmure à l'oreille des CROQUEURS DE MOTS :
je vous propose deux mots :
Nuit et Jour
À partir de cela, vous écrivez un petit quelque chose comme vous l’entendez : en prose ou en vers, pour le lundi 4 décembre.

Dans l'encre noire de l'interminable nuit polaire, à quoi rêve l'inuk, le nénètse, le sami, le renne blanc ?
A peine une lueur
en trait s'union d'un jour l'autre
abstraction du temps
Craignent-ils la disparition de la lumière ? Séléné, pâle reflet sur la neige, leur propose mille nuances de blancs, et autant de mots pour la nommer. 
Là-bas, à près de vingt mille kilomètres vers le sud, de l'autre côté du méridien, un indien insomniaque de Patagonie contemple la fusion de deux jours sans nuit en pleurant
Quand le cépuscule
cède le pas à l'aurore blême
Terre et ciel s'admirent
Il pleure, inconsolable, sa grand-mère Angela, la dernière ona tandis que loin au nord  le sang inuk d'une femme au sang mêlé s'élève dans la nuit pour dire "moi aussi".



Illustrations :
première photo, nuit polaire à Mourmansk, Russie, 2 déc 2013
deuxième photo, jour sans fin en Suède, au bord d'un lac, juillet 1974, 3 heures du matin

vendredi 1 décembre 2017

Regards d'aurores

Pour la page 93 de l'Herbier de poésies sur un tableau de William Turner

Ils se sont levés aux aurores dans le silence de la maisonnée endormie. L'enfant tout ensommeillé est si fier de suivre son grand père dans sa quête matinale. Il sait que l'attirail de pêche n'est qu'un prétexte à la méditation et qu'il importera peu qu'ils rentrent bredouilles.
Soudain ciel et eau
éclaboussent le sentier
en noces vermeilles.
Le grand père a pris l'enfant par la main et lui a souri en mettant un doigt sur sa bouche bée. Il ne sait plus quel est le plus beau spectacle, 
le soleil levant,
ou la lueur éblouie
dans ses yeux d'enfant.

©Jeanne Fadosi, mercredi 29 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 93 de L'Herbier


Lever de soleil sur un lac, William Turner, 1840