Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

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vendredi 23 février 2018

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Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Jardin invisible

Pour la page 101 de  l'Herbier de poésies, un nouveau conte en haïbun   sur une proposition de Adamante

Jardin invisible

Dans la nuit, en catimini, mademoiselle Neige s'est unie à monsieur Brouillard au pied de l'arbre à palabres bien étonné du décor dans lequel il s'éveille aux lueurs du matin et s'ébroue au vent léger.
Il pleure en dentelles
sur la page nue et glacée
sentinelle sombre.
De loin au bord de ses marches, Heidi cherche le lac des cygnes. Les pas semblent aller vers la rive, la devinant dans les plis de sa mémoire. Elle frissonne pour le cygne noir.
L'arbre dénudé
se révèle deux frères siamois
dans leur blanc royaume.
Dans la nuit, en catimini, Dame Neige et Sieur Brouillard ont gommé le paysage, mariant à l'unisson La Terre et Le ciel. Heidi, le ventre content, a sorti ses mitaines, son carnet de croquis et ses pastels. Oh qu'elle aimerait capturer sur ses feuilles le scintillement du givre vibrant dans la lumière blême.
Le silence règne
sur son jardin invisible
jusqu'à l'infini.
Là, "tout est calme et volupté", l'antichambre du paradis. Elle ne sent pas la morsure du froid, bien emmitouflée par son pépé, aguerrie à ces températures dans ses montagnes familières.
Comment détester
cette immensité joyeuse
laideur effacée ?
Elle n'a jamais su, elle ne saura plus, pourquoi son amie détestait avec vigueur tout ce qui évoquait des paysages de neige, même sublimes, même nés sous les pinceaux de leurs peintres préférés.
Le crayon croque les branches,
Heidi songe à son amie.
©Jeanne Fadosi, mercredi 21 février 2018
à découvrir avec les autres brins sur la page 101 de L'Herbier

Photo jean jacques Neste (les amis de la Creuse)
Clic ---> et Clic --->

jeudi 22 février 2018

Plus de neiges aux prés ..., de Leconte de Lisle

Andrée aux manettes du défi n°200 des CROQUEURS DE MOTS suggère :
pour le deuxième jeudi en poésie, j'ai pris 2018 - 200 = 1818. Je vous suggère de choisir un texte d'un poète du dix neuvième siècle (Victor Hugo, Lamartine, Georges Sand ....) ou un  poème sur l'hiver. Je vous propose celui-ci qui cumule, l'hiver, le XIX siècle et même un poète né en 1818 ... et s'il est si triste c'est que je l'ai programmé un mercredi matin de février (clic --->) et (clic---> lien valide demain vendredi)
A notre amie, 
Plus de neiges aux prés...
(Études latines, XI)
Plus de neiges aux prés. La Nymphe nue et belle
Danse sur le gazon humide et parfumé ;
Mais la mort est prochaine ; et, nous touchant de l'aile,
L'heure emporte ce jour aimé.
Un vent frais amollit l'air aigu de l'espace ;
L'été brûle ; et voici, de ses beaux fruits chargé,
L'Automne au front pourpré ; puis l'Hiver, et tout passe
Pour renaitre, et rien n'est changé.
Tout se répare et chante et fleurit sur la terre ;
Mais quand tu dormiras de l'éternel sommeil,
Ô fier patricien, tes vertus en poussière
Ne te rendront pas le soleil !
LECONTE DE LISLE, Poèmes antiques, 1852

La pie, de Claude Monet, 1868-1869,
refusé par le jury du Salon de peinture et de sculpture de 1869

Charles-Marie Leconte de Lisle, 1818 - 1894, poète français, chef de file du mouvement parnassien, de son nom de naissance, Leconte de Lisle de son nom de plume
Poèmes antiques, 1ère édition 1852
Claude Monet, 1840 - 1926, peintre français, l'un des fondateurs de l'impressionnisme.

mercredi 21 février 2018

Le coeur en berne

Une petite pause chagrin dans mon tour de France des prénoms, Pablo fera étape avec Richelaine mercredi prochain
et l'envie de penser en off à un autre prénom qui ne s'affichera plus sur l'écran de mon téléphone ... à bientôt


Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 19 février 2018

Défi n° 200 Le moulin à café

Andrée la petite graine à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°200 nous donne la consigne suivante pour le défi anniversaire de ce lundi :
la principale consigne est de commencer son texte par
"je me souviens"
et une proposition de consigne supplémentaire, uniquement si vous en avez envie,  : choisir un mot unique dans la liste et l'intégrer dans votre texte :
"maison, anniversaire, rouge, bateau ou lundi"
Je me souviens de cet anniversaire de mariage de mes parents. 25 ans, ça se fête ! J'étais pourtant une toute petite fille de 3 ans et quelques mois et les souvenirs que j'ai gardés de cette époque sont très fragmentaires. Je m'en souviens à cause d'un ... service à café en porcelaine.
25 ans ce sont les noces d'argent d'accord, mais 5 ans plus tôt, le coeur chagrin n'était pas trop à fêter les noces de porcelaine. Depuis, j'étais arrivée alors qu'on ne m'espérait plus, bébé consolation, et de plus mon grand frère était revenu d'Indochine par le bateau de Brest et s'était même marié récemment avec l'amie d'enfance de sa sœur cadette.
Mes parents ne manquaient pas d'une argenterie qu'ils ne sortaient que pour les grandes occasions mais le service à café de leur mariage avait été l'unique victime d'un obus qui avait ébranlé la maison lors de la bataille de Normandie 10 ans plus tôt.
Ce nouveau service était tout un symbole : le rattrapage de la fête qui n'avait pas eu lieu avec ce faste en 1949, mais surtout le témoignage de ce que toute la famille, même réfugiée dans la cave, avaient eu beaucoup de chance lors des bombardements imprécis pour tenter de faire sauter l'un des ponts sur l'Orne qui passait dans notre bourg.
Les repas de fête s'étirant en longueur, j'avais eu le droit de quitter la table au fromage, rappelée sans doute pour un dessert dont je n'ai aucun souvenir et de nouveau libérée alors que le café passait doucement. Je m'étais réfugiée sur le petit banc qui nous servait pour enfiler les chaussures sous les porte-manteaux dans le couloir qui séparait la cuisine de la salle à manger.
Ma jeune belle-soeur était chargée d'apporter le plateau et le nouveau service à café.
Est-ce la pénombre ? Est-ce mon tout fou de terrier alléché par l'odeur du sucrier ? Le plateau était-il trop lourd ou mal équilibré ?
Patatra ! La chute a été fatale à plusieurs tasses et à la cafetière toute neuve en fine porcelaine dans le style nouveau.
Au grand désespoir de la nouvelle venue dans la famille. Rouge de confusion, elle sanglotait à chaudes larmes et l'on a eu beaucoup de mal à la consoler. Je ne comprenais pas du tout pourquoi on pouvait pleurer une cafetière et des tasses. Ce n'était qu'une maladresse et personne n'avait été blessé ou ébouillanté. Aucun risque avec les filtres de l'époque où il fallait être patients et accepter de boire du café tiède. J'avais juste droit à un canard dans la tasse de mon papa ou de ma maman. (sucre trempé dans le café). Seul mon toutou a profité du tumulte pour se gaver de tous les sucres répandus sur le carrelage.
J'imagine que le café fut refait et servi, prolongé par les traditionnels pousse-café, des crus de réserve de calvados ou d'armagnac pour les messieurs, de délicieuses liqueurs maison de cassis ou de framboise pour les dames. Les verres à liqueur étaient minuscules et papa n'en proposait jamais une deuxième fois. Il y avait même quelques verres en trompe l'oeil, encore plus étroits quoique plus hauts et qui s'évasaient un peu dans leur partie haute !
Cet impair a initié une longue tradition et nous avons au fil des décennies, des bris de tasses et des changements de mode, offert de nouvelles tasses et de nouveaux modèles de cafetières. 
J'avais hâte d'avoir assez de force pour moudre le café, un cérémonial confié à tour de rôle aux enfants qui s'exécutaient plus ou moins de bonne grâce. Le moulin à café manuel fut un jour de fête des mères remplacé par un moulin à café électrique, bien plus commode, qui fit disparaître à jamais l'arôme inégalé des grains de café broyés à l'ancienne.



Pour un autre "Je me souviens" à la manière de Pérec cette fois-là et déjà pour les Croqueurs de mots pour Fanfan qui pour "corser" la chose, nous demandait en sus de terminer par
"mais qu'est-ce que je f... dans cette galère ?"
Défi n°103 : "Je me souviens ..." --->

vendredi 16 février 2018

Jardin secret

Pour la page 100 de  l'Herbier de poésies   sur une proposition de Adamante

C'était son refuge,
l'avant-goût du paradis,
son jardin secret.
On disait d'elle que c'était une enfant solitaire. Timide et solitaire. Au grand désespoir de sa maman, la cheville ouvrière qui transformait leur maison en une ruche conviviale.
Ici point de rendez-vous, 
l'improviste était la loi.
Seuls les tempos marquaient leurs différences, les copains de son grand frère et de sa grande sœur le jeudi ou après les cours, les clientes de sa maman couturière dans l'après-midi,, les ouvriers de son papa à l'heure du café ou après un dépannage difficile.
Elle disparaissait
sous la table en merisier
vers sa solitude.
C'était une maison accueillante, dans une époque révolue où chacun y était le bienvenu. Elle bruissait des discussions de grandes personnes et souvent la petite Jeanne ne perdait pas une miette de ces mots qui entrouvraient les portes d'un monde plein d'énigmes et de tracas, un peu trop effrayant pour qu'elle ait hâte de le rejoindre. C'est vrai qu'elle allait peu vers les enfants de son âge, bien trop immatures. Même ceux la génération de son grand frère n'en finissaient pas de quitter l'âge bête.
Elle dégustait ces instants
qui lui étaient friandises.
Discrète, les adultes l'oubliaient auprès de son grand cerisier qu'elle avait ressuscité par la magie de l'imagination. Ce pourvoyeur de cerises juteuses et charnues tombé après l'été au champ d'honneur de la modernité pour faire place à une horrible bâtisse. Dessous, les herbes et les fleurs y poussaient en abondance et bientôt elle n'entendait plus que le murmure du vent dans les feuilles, le chant des oiseaux et le bourdonnement des abeilles qui lui faisaient un peu peur.
Loin de tout ennui,
elle serait restée des heures
dans ces parenthèses,
en compagnie des personnages de tant de livres aimés à qui elle inventait les coulisses de leurs vies de papier. Un jour d'alchimie plus intense, elle savait qu'elle pourrait même devenir lilliputienne pour être à hauteur de scarabée ou de coccinelle. Ses récréations ne duraient pas. Une voix douce bientôt l'en délogeait
Et l'heure d'un dîner
arrivant toujours trop tôt
dans son paradis

feraient taire ses rêveries :
Au revoir peuples des herbes.
©Jeanne Fadosi, jeudi 15 février 2018



jeudi 15 février 2018

Sur le Tasse en prison d'Eugène Delacroix, de Charles Baudelaire

Andrée la petite graine à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°200 nous donne la consigne suivante pour le premier jeudi en poésie :
prendre un livre de poésie (un des vôtres, celui d'un poète préféré, d'une anthologie), ouvrir par hasard une page et mettre le poème sur le blog.
ce que j'ai fait illico presto (preuve en image en bas de ce billet)*

Sur Le Tasse en prison
Le poète au cachot, débraillé, maladif,
Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,
Mesure d'un regard que la terreur enflamme
L'escalier de vertige où s'abîme son âme.
Les rires enivrants dont s'emplit la prison
Vers l'étrange et l'absurde invitent sa raison ;
Le Doute l'environne, et la Peur ridicule,
Hideuse et multiforme, autour de lui circule.
Ce génie enfermé dans un taudis malsain,
Ces grimaces, ces cris, ces spectres dont l'essaim
Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,
Ce rêveur que l'horreur de son logis réveille,
Voilà bien ton emblème, Ame aux songes obscurs,
Que le Réel étouffe entre ses quatre murs !
Charles Baudelaire, 1842, recueil Les épaves, 1866, 
complément aux fleurs du mal, 1869

Delacroix, Tasso à l'hôpital Sainte Anne Ferrara
Retrouver le poème et son commentaire composé sur le blog de mémoires de prof

Charles Baudelaire, 1821 - 1867, poète français
Les Fleurs du mal, 1857, 1861, 1867, 1869, principal ouvrage de Baudelaire, censuré complété, par son éditeur Auguste Poulet-Malassis
Auguste Poulet-Malassis, 1825 - 1878, éditeur français d'Alençon, exilé en Belgique pour échapper à la prison pour dettes (avatar de la censure des Fleurs du mal). Sa publication des épaves lui a valu une nouvelle condamnation.
Eugène Delacroix, 1798 - 1863, peintre français, célèbre notamment par son tableau La Liberté guidant le Peuple en 1830
Le Tasse (Torquato Tasso), 1544- 1595, poète italien épique, connu pour son épopée La Gerusalemme liberataIl ne s'agit pas de prison à proprement parler mais de l'asile Sainte-Anne de Ferrara, le poète ayant été considéré comme atteint de folie.

* la preuve par l'image :

Je ne l'ai pas tout à fait ouvert par hasard mais à la page où il y avait mon guide âne artisanal et une feuille pliée dont j'avais oublié le contenu. Et c'était le brouillon de mon défi n°167 pour les Croqueurs de mots du 30 mai 2016 : Pastiche au pastis.

mercredi 14 février 2018

Emy d'Albi

Venant du Rouergue au temps de la croisade contre les albigeois, la famille d'Emilie laquelle préfère être appelée Emy, s'est, depuis des ans et des siècles, installée à Albi chef-lieu du département du Tarn. La légende familiale aime à répéter que l'une de ses arrière-grand-mères a posé pour Toulouse-Lautrec.
Ses hobbies tournent l'hiver autour du carnaval, et l'été autour de la chanson francophone.
Elle vit à mi-temps avec un joueur de rugby qui préfère la tactique au rentre dedans.
Ingénieure en génie électrique, elle bosse (chut) pour améliorer la capture et le stockage de l'énergie solaire.
Inutile de vous dire aussi qu'elle voudrait de temps en temps s'appeler Cécile, non pour la basilique très (trop) catholique lui rappelant les persécutions de ses lointains ancêtres, mais vous le devinez pour être chantée par Claude Nougaro.
Le dimanche elle se régale avec un bon cassoulet de Castelnaudary que leur apporte sa mamie qui prend soin de s’approvisionner dans une ferme à l'ancienne qui chouchoute de ses volailles et qu'ils partagent entre amis.
Elle leur fait ses navettes albigeoises, qu'elle rehausse juste d'une pointe de safran local.


Albi, chef lieu du département du Tarn de la Région Occitanie, de l'ancien Vicomté d'Albi dans le Languedoc
Cuisine tarnaise
Le catharisme

"Lo Reviscol" groupe folklorique du Tarn et Garonne


Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB