Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

dimanche 10 décembre 2017

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samedi 9 décembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°197 en partance chez ?? ... Fanfan

Cette fois-ci je vais éviter de faire des hypothèses. Fanfan ? Dimdamdom ?
Fanfan a fait ici ce commentaire :
"Coucou Jeanne c'est moi qui m'y colle lundi , c'est mon tour !
Bon week end" qu'on se le dise !

et ensuite y aura-t-il une trêve pour les fêtes ? 
Il sera bien temps lundi de découvrir le Défi n°197 des CROQUEURS DE MOTS 
sur le blog de son capitaine d'étape fanfan.

En attendant lundi,

pour la recherche  pour "réparer les vivants" atteints de maladies rares
 et les accompagner


vendredi 8 décembre 2017

La terre est arbre

Pour la page 94 de  l'Herbier de poésies   sur une proposition et une image de Jamadrou.

"Les mots ne mentent pas"
"la terre est bleue" dit Eluard
Que disent les images ?

Le dessin ne ment pas
l'arbre a la couleur du monde
en cercle imparfait

Racines
et branches nues
Arbre et terre en symbiose
se nourrissent les uns des autres
des feuilles mortelles et de l'humus.
Et coule l'eau, souffle le vent, tourne,
tourne la terre en éphémère équilibre.
Tout au bout de la chaîne du vivant
le bras humain du bûcheron hésite,
retient de sa main le manche
de la cognée d'acier blanc
de nos destins.

©Jeanne Fadosi, mercredi 6 décembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 94 de L'Herbier

©Jamadrou

bûcheron dans la neige, Maria Balan, 1977

Spontanément la chanson de Brassens qui me vient en tête en illustration sonore, ma chanson d'enfance, c'est Auprès de mon arbre...
Mais c'est celle-ci que j'ai envie de partager aujourd'hui en pensant à d'autres chansons d'enfance en clin d’œil à Johnny Hallyday pour la dernière strophe :

Brassens, Au bois d'mon coeur, 1957
paroles en commentaire de la vidéo (suivre le lien)

jeudi 7 décembre 2017

Enfants délurées, au Grand Bal du Printemps de Jacques Prévert

Colette est à la barre du défi n°196 des CROQUEURS DE MOTS et sa feuille de route se résume en deux mots qui englobent toute la vie : Nuit et Jour. Jeudi dernier, je vous ai promis de prolonger à nouveau dans son versant JOUR mon billet du printemps dernier Danse des Sabres. J'avais déjà choisi pour l'occasion ce poème de Prévert que j'ai publié pour le 8 mars 2017, Journée internationale des femmes (au pluriel)
En relisant le poème affiché parmi les billets de mon blog contenant le mot JOUR, je m'aperçois que le mot n'y est pas lui-même. Mais il y est dans les autres mots ; dimanche, quartier désert, magasins fermés, ciel gris souris, jardins vaguement verts.
J'ai choisi ce poème parce que je le ressens aujourd'hui comme il y a quelques mois (hier) où je le présentais ainsi :
Celui-ci associe les rues de Paris avec ses hauts et ses bas quartiers de l'époque de Prévert qui est aussi mon souvenir et les femmes, "délurées" au sens premier et noble du terme, célébrées par le poète, tout au long de l'année et non un seul jour
Dans ce poème de Jacques Prévert, j'ai le pressentiment que cette jeune fille en noir et blanc sur le cliché d'Izis**, Prévert lui accorde le joyeux éveil, la délure de la modernité, sans débauche.


Enfants de la haute ville
filles des bas quartiers
le dimanche vous promène dans la rue de la Paix
Le quartier est désert
les magasins fermés
Mais sous le ciel gris souris
la ville est un peu verte derrière les grilles des Tuileries
Et vous dansez sans le savoir
Vous dansez en marchant sur les trottoirs cirés
Et vous lancez la mode
sans même vous en douter
Un manteau de fou rire
sur vos robes imprimées
Et vos robes imprimées sur le velours potelé
de vos corps amoureux
Tout nouveaux tout dorés
Folles enfants de la haute ville
ravissantes filles des bas quartiers
modèles impossibles à copier
Cover girls
colored girls
De la Goutte d'Or ou de Belleville
De Grenelle ou de bagnolet.
©Jacques Prévert,
Jacques Prévert et Izis, Grand bal du printemps***, 1951, 
Le cherche-midi 2008, page 134

Jacques Prévert, 1900 - 1977, poète et parolier, cinéaste, artiste français

** "déluré" quand j'avais pris connaissance du mot clé des jeudis en poésie du défi n°60 des CROQUEURS DE MOTS, piloté par Julien, m'est apparu le caractère particulièrement ambigu de cet adjectif, à la fois complimentant des qualités d'éveil et de vivacité d'esprit et désapprouvant l'audace et l'esprit de fronde ou d'indignation. Il est évident que la curiosité d'esprit ne fait pas bon ménage avec l'obéissance servile. Et pourtant, quoi de plus important pour la liberté de l'homme dans le respect de tous les autres, que de ne pas se laisser tromper.

Déluré, apparu au XVIIème siècle comme une variante du participe passé déleurré du verbe déleurrer = détromper


** p135 en regard du poème.
Le livre est né d'un proposition d'Izis à Prévert et à d'autres auteurs de mettre des textes sur ses photos.
Prévert a refusé. Mais pour une autre proposition bien plus intéressante : faire un livre à deux, où mots et photos s'associent en une puissante alchimie.

*** Mon avis : Grand bal du printemps est en fait un long poème d'une profonde unité, ... et d'une cruelle modernité.
J'ai trouvé avec un grand plaisir chez un libraire cette réédition d'un de ces livres qui ont enchanté mon enfance.






Je choisis ce poème qui fait écho dans une autre ville Erevan (Arménie), dans une autre époque actuelle, dans une actualité où des femmes osent parler. Pas partout et peut-être pas dans ce pays-là. Où des hommes, uniquement des hommes et heureusement pas tous, questionnent : "Mais comment fera-t-on la différence entre une attitude acceptable ou non ?" Curieusement, il n'y a guère ou pas du tout de femmes qui se posent la question. Parce que le poème de Prévert, respectueux et admiratif, est une bien belle réponse à cette question imbécile et que le clip vidéo, qui entretient je suppose volontairement l’ambiguïté d'une mise en scène ou non dès le début, est lui aussi éloquent.

mercredi 6 décembre 2017

Myosotis, de Saint Maurice les Brousses

Amis et fidèles élèves de JB et de sa cour de récré, cette semaine je vous emmène à Saint Maurice. Non pas celui de la couronne parisienne, entre Bois de Vincennes et Guinguettes fleuries sur la Marne mais celui de la Haute Vienne. Où ça ? Comment, vous ne connaissez pas ? Rôôô !!!!!!!!!!!!

C'était vendredi de la semaine dernière,
un premier décembre qui la rendait très fière.
Qui donc ? Myosotis, revenant de Limoges*,
Aussi ravie qu'à Venise au Palais des Doges !
C'est vrai qu'elle ne quitte guère sa cambrousse
Et ses ateliers de Saint Maurice les Brousses.

Ses ailleules de mère en fille dessinaient
des fleurs de lin sur porcelaine qu'elles paignaient :
Des fleurs de porcelaine pour des nappes de lin.
"Caroline" de mère en fille comme Kaolin,
Dans la famille c'était une tradition
Que nul n'aurait songé à remettre en question.
Intriguée de ne pas s'appeler Caroline
Sa mémé lui en a raconté l'origine.

Quand Bourvil reprit une très vieille chanson
Pour sa fille à la récré ce n'était pas la même chanson !
Les fleurs de lin n'étaient plus du tout à la mode,
Caroline un prénom-sobriquet bien commode.
Adouci il est vrai plus tard, sur le Rocher
de Monaco il devint un prénom princier.

Pour le baptême de la princesse bien née,
On créa un service au décor surrané
aux fleurs si délicates de myosotis
sorti des premiers Ateliers de Saint Maurice.
La fille de mémé attendait un bébé.
Pas question de Caroline la prénommer.
Voilà d'où vient son prénom de Myosotis
Pour services de lin, de coton, de métis,
Et même avec soin pour un déjeuner sur l'herbe
Luxe, nappe à carreaux, gourmandises superbes.

Bon d'accord, j'ai brodé, si les myosotis sont l'un des premiers motifs de la porcelaine de Limoges créée après la découverte de kaolin dans la région de Limoges au XVIIe siècle, je n'ai aucune idée de l'atelier qui en est à l'origine et si c'est une affaire possible, j'ai évidemment inventé aussi la commande d'un service pour le baptême de la princesse. Et si une porcelainière s'appelait Myosotis ou Caroline, ce ne serait que coïncidence.


* Après le siège de Liffol (Vosges) en décembre 2015 et le granit de Bretagne en janvier 2017, la porcelaine de Limoges est le troisième produit manufacturé à bénéficier de l'Indication Géographique Protégée (IGP)

Saint Maurice les Brousses, département de la Haute Vienne (87, préfecture Limoges), Région Nouvelle Aquitaine, anciennes provinces du Limousin (Vicomté de Limoges) et du Comté de la Marche

La porcelaine de Limoges, privilège royal de 1769, a été possible grâce à la découverte de kaolin près de Limoges, une argile blanche d'une grande pureté qui permet à la porcelaine de Limoges d'être une céramique à la fois dure et translucide. Elle est inscrite en 2008 à l'inventaire du patrimoine culturel en France mais l'Etat en a retiré la candidature auprès de l'UNESCO.

L'art et la méthode de la porcelaine chinoise, connue par les Italiens depuis le XVIe siècle, a été introduit en France au XVIIe siècle grâce à un jésuite né à Limoges missionnaire en Chine impériale.

cambrousse, coin de campagne retiré

Emma Eleonora Meyer, Femmes décorant la porcelaine, avant 1921,
 domaine public





Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 4 décembre 2017

Défi n°196 Nuit et Jour au grand miroir de la nature

Colette à la barre de notre rafiot pour le défi n°196 murmure à l'oreille des CROQUEURS DE MOTS :
je vous propose deux mots :
Nuit et Jour
À partir de cela, vous écrivez un petit quelque chose comme vous l’entendez : en prose ou en vers, pour le lundi 4 décembre.

Dans l'encre noire de l'interminable nuit polaire, à quoi rêve l'inuk, le nénètse, le sami, le renne blanc ?
A peine une lueur
en trait s'union d'un jour l'autre
abstraction du temps
Craignent-ils la disparition de la lumière ? Séléné, pâle reflet sur la neige, leur propose mille nuances de blancs, et autant de mots pour la nommer. 
Là-bas, à près de vingt mille kilomètres vers le sud, de l'autre côté du méridien, un indien insomniaque de Patagonie contemple la fusion de deux jours sans nuit en pleurant
Quand le cépuscule
cède le pas à l'aurore blême
Terre et ciel s'admirent
Il pleure, inconsolable, sa grand-mère Angela, la dernière ona tandis que loin au nord  le sang inuk d'une femme au sang mêlé s'élève dans la nuit pour dire "moi aussi".



Illustrations :
première photo, nuit polaire à Mourmansk, Russie, 2 déc 2013
deuxième photo, jour sans fin en Suède, au bord d'un lac, juillet 1974, 3 heures du matin

vendredi 1 décembre 2017

Regards d'aurores

Pour la page 93 de l'Herbier de poésies sur un tableau de William Turner

Ils se sont levés aux aurores dans le silence de la maisonnée endormie. L'enfant tout ensommeillé est si fier de suivre son grand père dans sa quête matinale. Il sait que l'attirail de pêche n'est qu'un prétexte à la méditation et qu'il importera peu qu'ils rentrent bredouilles.
Soudain ciel et eau
éclaboussent le sentier
en noces vermeilles.
Le grand père a pris l'enfant par la main et lui a souri en mettant un doigt sur sa bouche bée. Il ne sait plus quel est le plus beau spectacle, 
le soleil levant,
ou la lueur éblouie
dans ses yeux d'enfant.

©Jeanne Fadosi, mercredi 29 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 93 de L'Herbier


Lever de soleil sur un lac, William Turner, 1840

jeudi 30 novembre 2017

Sur une nuit sans ornement, de René Char

René Char, c'est cet aphorisme que je me récite comme un mantra au pied des obstacles :
"L'impossible, nous ne l'atteignons pas
mais il nous sert de lanterne."

Colette est à la barre du défi n°196 des CROQUEURS DE MOTS et sa feuille de route se résume en deux mots qui englobent toute la vie : Nuit et Jour. Pour les jeudis en poésie j'ai l'embarras du choix parmi les poèmes choisis que j'ai déjà mis en ligne et la nuit m'a souvent et récemment inspiré.

J'ai hésité à rééditer la fin de la première partie de L'homme approximatif de Tristan Tzara, trop désespérant et difficile à isoler du tout.
Et puis j'ai pianoté "manteau de nuit, poème" et j'ai retrouvé ce poème de René Char sur le blog de Mes écrits vains, un ancien Croqueur de mots qui l'avait mis en ligne pour Lenaïg en 2011 proposant cette belle expression.

Une façon me semble-t-il de prolonger mon billet du printemps dernier pour L'Herbier de poésies Danse des sabres dans sa partie Nuit. Jeudi prochain je continuerai à prolonger ce billet avec Le jour

Si vous préférez entendre Sur une nuit sans ornement ou l'écouter en le lisant



Sur une nuit sans ornement


Regarder la nuit battue à mort; continuer à nous suffire en elle.
Dans la nuit, le poète, le drame et la nature ne font qu'un, mais en montée et s'aspirant.
La nuit porte nourriture, le soleil affine la partie nourrie.
Dans la nuit se tiennent nos apprentissages en état de servir à d'autres, après nous. Fertile est la fraîcheur de cette gardienne!
L'infini attaque mais un nuage sauve.
La nuit s'affilie à n'importe quelle instance de la vie disposée à finir en printemps, à voler par tempête.
La nuit se colore de rouille quand elle consent à nous entrouvrir les grilles de ses jardins.
Au regard de la nuit vivante, le rêve n'est parfois qu'un lichen spectral.
Il ne fallait pas embraser le cœur de la nuit. Il fallait que l'obscur fût maître où se cisèle la rosée du matin.
La nuit ne succède qu'à elle. Le beffroi solaire n'est qu'une tolérance intéressée de la nuit.
La reconduction de notre mystère, c'est la nuit qui en prend soin : la toilette des élus, c'est la nuit qui l'exécute.
La nuit déniaise notre passé d'homme, incline sa psyché devant le présent, met de l'indécision dans notre avenir.
Je m'emplirai d'une terre céleste.
Nuit plénière où le rêve malgracieux ne clignote plus, garde-moi vivant ce que j'aime.
René Char, La Parole en archipel, 1962
recueil de poèmes écrits entre 1952 et 1960

René Char, 1907 - 1988, poète et résistant français 

capture d'écran du ballet suivant


mercredi 29 novembre 2017

Simon de Saint-Simon

Il y a plusieurs Saint-Simon en France. Venez avec moi en Charente, sur les rives de la Charente y faire étape pour un mercredi de récré des prénoms de JB.

Si Simon avait vu de l'Hermione le chantier,
bien avant d'évoquer la voile d'Artimon
Il aurait marqué les fûts des bois du Mont Myon.
Sûr qu'il aurait voulu y être charpentier !

Plus tard il aurait navigué vers l'Océan
A la manœuvre sur l'estuaire de la Charente,
Charentaises au hamac, bottes sur le pont en pente
Et pour border en cadence, chœurs marins chantant.

Ses ancêtres étaient matelots ou gabarriers
Qui ont transmis leur savoir-faire de grand art
Dans la construction des naus et autres gabarres.

A Saint-Simon Simon est resté charpentier.
Grâce à lui allez faire une croisière de plaisance
Sur la réplique de la gabarre* la Renaissance.









Saint-Simon, village gabarrier de Charente (16), région Nouvelle Aquitaine, ancienne province de l'Angoumois
*gabare ou gabarre, fluviale ou maritime les deux orthographes sont admises et utilisées indifféremment.
Spécialités culinaires de Charente




Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 27 novembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°196 en partance chez ?? ... Colette

Ohé Matelots, cette fois-ci, sauf erreur de ma part, ce devrait être à Capitaine Domi* c'est Colette qui tient la barre de la goélette des Croqueurs de Mots pour le défi n°196



* Et donc c'était une erreur voilà

vendredi 24 novembre 2017

"Poussières d'étoiles"*

Pour la page 92 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Adamante

Laisser s'envoler les idées parasites.Tout doucement fermer les yeux, puis les ouvrir et les laisser peu à peu apprivoiser la nuit. Elle est rarement tout à fait noire.
La voûte étoilée
soulève un coin de son voile
et de l'espace-temps.

Tant de ses poussières
s'offrent à combien de regards
dans le même instant ?
Des poussières, mortes depuis combien de siècles avant que la lumière ne les fasse parvenir dans la banlieue de la terre ? 
Observer le ciel.
Extase de l'immensité !

Et nos vies,
nos vies minuscules.

©Jeanne Fadosi, mercredi 22 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 92 de L'Herbier

une image, aléatoire ou œuvre d'art ? 

* Titre emprunté à l'un des premiers livres pour le grand public de l'astro-physicien Hubert Reeves, Poussières d'étoiles, 1984

jeudi 23 novembre 2017

La vie antérieure, de Charles Baudelaire

Josette à la barre du défi n°195 des CROQUEURS DE MOTS nous dit
pour "jeudi poésie" les 16 et 23 novembre je vous propose des couleurs...choisissez la votre !

J'aurais pu avec Rimbaud, décliner les voyelles en couleurs, j'espère que d'autres croqueurs le feront. J'aurais pu ...
En complément de ce poème, Blancs et noirs, tous frères, tous égaux, de Victor Hugo

La vie antérieure

J'ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d'une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.
C'est là que j'ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs,
Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l'unique soin était d'approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
Charles Baudelaire, recueil Les fleurs du mal, éd de 1857

soleil couchant d'hiver sur le pont de l'Île de Ré


Charles BAUDELAIRE, 1821 - 1867, poète français
Recueil : Les fleurs du mal, poèmes de 1840 à sa mort, première édition 1857, rééditions remaniées et censurées, 1861, 1866, 1868, réédition de réhabilitation de l'oeuvre 1949

***

J'ai connu ce poème magnifique bien après avoir appris l'histoire chaotique de la parution du recueil Les fleurs du mal grâce à la témérité de Poulet-Malassis et de l'Imprimerie Alençonnaise.
Mais si l'oeuvre a été censurée en 1857 et Baudelaire condamné pour délit d'outrage à la morale publique et a valu à l'éditeur un exil forcé en Belgique pour y échapper, La vie antérieure ne fait pas partie des poèmes interdits.
L'abolition de l'esclavage est toute récente (1848) et n'a concerné moralement que bien peu d'hommes d'influence (Victor Schoelcher ; Victor Hugo). L'expression "esclave nu" a-t-elle échappé à la vigilance des censeurs ? Est-ce le mot esclave qui a sauvé le poème pour éviter les foudres des abolitionnistes ?
Aurait-il été interdit s'il avait écrit "l'homme nu" ? Non sans doute. L'allusion à la volupté et même une volupté interdite n'est le fait d'à peine de quelques mots.

Aujourd'hui le mot "esclave", écrit dans l'insouciance d'une coutume assumée par les hommes de cette époque, me dérange, en dépit de la beauté sublime du poème.
L'esclavage moderne existe et je le dénonce dans mes blogs depuis le début. Mais aujourd'hui, grâce à la diffusion, notamment devant les parlementaires d'une vidéo-reportage sur un marché aux esclaves de Tripoli, que je ne veux pas visionner, que m'apprendrait-elle que je ne sache déjà dans l'impuissance ?

Blancs et noirs, tous frères, tous égaux, de Victor Hugo

Couleurs comme fil rouge des jeudis poésies proposé par Josette dans le cadre du défi n° 195 des CROQUEURS DE MOTS.
La prise de conscience si surprenante car si tardive d'une certaine réalité de notre actualité m'a incité ce matin à compléter le poème que j'avais programmé dès que j'avais pris connaissance du sujet par la lettre écrite par Victor Hugo en 1859 à la suite de sa protestation contre la condamnation et la pendaison expéditive de John Brown, leader abolitionniste d'émeutes au Kansas.



Citoyens de la République universelle,
Le remerciement que vous m’adressez en termes si éloquents me va au cœur.
J’ai fait mon devoir, et je n’ai fait que mon devoir. Vous ne m’en récompensez pas moins. Aussi, est-ce moi qui vous remercie.
République blanche et république noire sont sœurs, de même que l’homme noir et l’homme blanc sont frères. Il n’y a qu’une humanité, car il n’y a qu’un Dieu.
La République française, cette initiatrice du monde avait des nègres parmi ses représentants du peuple ; et c’est là une des choses qui l’ont faite grande entre toutes.
Cette fraternité des races, les États du Sud de l’Union américaine l’ont méconnue. En tuant Brown, ils ont commis un crime qui prendra place parmi les calamités de l’histoire. La rupture de l’Union suivra fatalement l’assassinat de Brown.
Quel attentat, et quel désastre !
J’ai l’affliction dans l’âme en pensant à ce crime, et à cette faute !
Quant à John Brown, il était apôtre, il était héros. Le gibet n’a fait qu’agrandir sa couronne. Le voilà martyr.
Blancs et Noirs, tous frères, tous égaux, serrons-nous plus que jamais autour du principe des principes: LIBERTÉ.
Votre ami, VICTOR HUGO
 Il serait bien que cet homme de bien qui représentait la France avec honneur et dignité, nous nous souvenions des valeurs qui ont fait son rayonnement et que nous les réhabilitions en actes.


mercredi 22 novembre 2017

Quitterie de Sainte Marie

Vous le savez maintenant, sur la piste des prénoms du mercredi je vous emmène depuis la saison précédente sur les routes de France et de Navarre et de ... Aujourd'hui Sainte-Marie. Non pas les Saintes Maries de la mer, les Pyrénées orientales ont déjà été visitées la saison dernière. Même si cette commune est la capitale de grands voyageurs.
Aujourd'hui, nous allons à Sainte Marie de la Martinique.
C'est décidé, Quitterie
ne quittera jamais son Île
Ce n'est pas une envie puérile.
Elle ouvrira une épicerie.
Cannelle, piment, vanille
accompagnent la cuisine créole
dont depuis toujours elle rafole
en digne fille des Antilles.
Elle aime aussi en musique
les danses de la Martinique
et ses foulards bariolés.
Las ! le principe de réalité
l'a un triste matin rattrapée.
Depuis elle cuisine en métropole.
Et qui sait, elle a chanté cette chanson qui fut l'une des premières que j'ai apprises pour un spectacle des écoles de fin d'année, avec costumes ou du moins foulards et chorégraphie, s'il vous plait. Je crois que c'était à la fin du CP mais je n'en suis pas sûre. Ce dont je me souviens, c'est qu'il s'agissait d'une séparation. Mais je n'avais pas compris grand chose d'autre alors.

Adieu foulards, adieu madras, chant traditionnel antillais
popularisé par Henri Salvador en 1949 et repris par de nombreux chanteurs

Séquence émotion lors d'une apparition en public de Henri Salvador, avec Philippe Laville Clic --->






Pomme Cannelle à la fête du rhum à Sainte Marie

Sainte-Marie de la Martinique, département et région de la Martinique (Île aux fleurs), Antilles françaises, berceau du Bélè, pratique qui mêle musique chant chorégraphie et conte et à l'origine village des indiens Caraïbes qui ont donné leur nom aux îles des Antilles.
La canne à sucre a une place très importante dans la commune avec notamment la distillerie Saint-James.
Caraïbes (peuple)

Quelques spécialités culinaires des Antilles :
La Martinique, cuisine & saveurs
Martinique, cuisine & saveurs / épices
Martinique / cuisine & saveurs / recettes antillaises


Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 20 novembre 2017

Défi n°195 : Le tableau de famille

Josette à la barre du défi n°195 des CROQUEURS DE MOTS nous dit :
Je vous présente Edmond !A partir de ce tableau (vu dans une brocante) racontez une histoire courte avec les mots incorporés : "Ciel, chaussure, coq, couronne et crapaud."
- Un tableau de famille tu dis ? Mais quelle famille ?
- Pourquoi cette question mon Crapaud ?
- Voyons Mémé, tu vois bien qu'il n'y a aucune ressemblance ! Si, toi je te reconnais dans ta maman. Comme d'habitude tu ne dis rien. Je veux dire elle ne dit rien. Enfin, tu t'es bien rattrapée depuis que tu dis que Pépé est monté au ciel. Lui disait toujours il n'y a rien à en dire. Racontes-moi encore, Mémé ...
- Tu me l'as demandé tant de fois ! Je te l'ai raconté tant de fois !
- A chaque fois tu ajoutes un petit bout. J'ai l'impression d'un puits sans fond !
C'est ce qu'est l'Histoire de l'Humanité tu sais. Que veux-tu encore savoir sur ton grand-père Edmond ?
- Peut-être d'où lui vient ce prénom vieillot ? Avec sa couronne de cheveux roux et ses yeux bleus j'aurais plutôt imaginé Gael ou Tony.
- Pourquoi Anthony ? ...  Marie !
- Oui maman ?
- Je t'avais pourtant prévenue que ton fils était trop jeune pour aller voir Philomena* ! tu aurais mieux fait de lui acheter des chaussures !
- Je sais maman, mais il n'est jamais trop tôt pour dire le vrai. A hauteur de compréhension et des demandes évidemment. Pourquoi aurais-tu descendu du grenier ce tableau oublié alors ?
- ...
- Oh arrête de bougonner, tu sais bien que j'ai raison. Et puis arrête aussi avec ces surnoms ridicules.
- Tu ne voulais déjà pas de Petit coq.
- Ni Crapaud, ni Coq, maman, ni prince, ni chef de clan ! Un enfant maman. Juste un petit garçon qui demande d'où il vient pour avancer sur sa route.

* Philomena, film de Stephen Frears, 2013, adapté du roman de Martin Sixsmith portant sur le sort  des enfants et des mères hors mariage en Irlande jusque dans les années 1970.
Sur le même sujet, The Magdalene Sisters, film de Peter Mullan, 2002.


vendredi 17 novembre 2017

Visage, visages

Pour la page 91 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Adamante


L'eau bleue sur le sable
dessine le visage
d'une antique statue maya

Elle a le profil égyptien
au pays d'autres pyramides
le front bombé
l'oeil amusé ou las.

Que dit-elle si fort ?
est-ce son souffle
ou sa colère ?

la mouche en coeur
insolante
sur son nez
l'agace.

Un minuscule papillon blanc
de ses ailes froisse
sa matière grise.
Là siège non seulement les limbes de la raison mais aussi toutes les émotions, le berceau des sentiments, l'origine du vivre ensemble.
©Jeanne Fadosi, mercredi 15 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 91 de L'Herbier

image pour l'herbier 91, sans titre

Exposition "Maya de l'aube au crépuscule",
Musée du Quai Branly 2011